Le 4 novembre dernier, les Etats-Unis ont élu Barack Obama. Mais plus que ca, les américains ont élu un président afro-américain, un président noir. Extraordinaire.
J’ai veillé ce soir-là jusqu’à 6 heures du matin pour assister à l’événement. Il faut dire qu’il y a un mois encore, je n’y croyais absolument pas. Je m’entends encore affirmer il y a quelques années en regardant un épisode de 24 heures chrono que ce n’était pas demain que nous verrions un Palmer à la tête des Etats-Unis.
Et quelque part, j’ai un peu honte de m’être fait cette réflexion. Honte parce que comme la majorité des personnes, j’ai pris comme acquis le fait que la couleur de peau puisse être une barrière à l’accomplissement de certains actes.
Quelques jours après, je me suis d’ailleurs demandé ce que pouvait signifier l’expression “personne de couleur” ? Pourquoi une personne de type africain, asiatique ou indien serait-il plus de couleur qu’un caucasien ?
Je vous le dis, le monde dans lequel nous vivons est vraisemblablement traumatisé par son histoire. Le monde n’est pas xénophobe, il n’est pas raciste ou machiste. Notre façon de penser est tout simplement orienté par des années de conditionnement. Pourquoi élevons-nous Christophe Colomb au rang de héros alors que celui-ci a massacré des milliers d’Indiens pour récolter gloire et richesse ? L’exemple de Christophe Colomb n’est qu’une illustration parmi d’autres mais tout ça pour dire que de tout temps, les livres d’Histoire nous apprennent une histoire orientée, convenablement correcte, acceptable aux yeux des pays “évolués”.
Rien que d’y penser, cela m’angoisse un peu mais il semblerait que nous n’y puissions pas grand chose. Pas grand chose si ce n’est faire de la politique soi-même et essayer de changer l’état des choses. Je refuse le principe de conditionnement. Je refuse l’acceptation des faits comme si rien ne pouvait évoluer. Ascenceur social en panne, fils d’ouvrier, tu seras ouvrier toi-même, né dans les banlieues, tu finiras en prison… Autant de choses qui m’ont poussé à m’engager et à faire de la politique car je pense qu’individuellement, nous ne pouvons rien. Je suis persuadé que c’est dans l’engagement collectif que se trouve la meilleure façon de renverser l’ordre établi.
Alors l’élection d’Obama… oui, je pense que c’est un événement extraordinaire. Non pas parce que le monde va changer du jour au lendemain, non pas parce que les millions d’américains qui ont vécu dans la misère et le désespoir ces dernières années vont soudainement gagner devenir riche. Mais parce que l’élection d’Obama démontre que la puissance collective, qu’elle se fasse par le biais d’élection ou par le biais de manifestation, peut à terme, changer résolument les choses.


