Adultère, divorce et conséquence

13 11 2008

munch_thescream1

On ne choisit pas sa famille. C’est ce que je me dis.

Je ne dois pas être le seul dans cette situation mais en ce qui me concerne, cela fait bien longtemps que je considère que j’ai une famille de merde.

Si on pouvait penser il y a quelques années que cette réflexion était le fruit d’une pensée adolescente agitée et rebelle, cet argument ne marche plus aujourd’hui.

Ma famille ne vit pas dans le besoin mais comme beaucoup d’autres familles, elle est tout simplement déchirée et m’a déchiré par là-même.

Mes parents ont feinté de s’aimer jusqu’à mes 14 ans. Puis, en un été, tout a éclaté. Les plus vils rancoeurs de chacun sont ressortis et, sans crier gare, ils se sont séparés. Pour un jeune de 14 ans, voir ses parents se séparer, c’est déjà pas drôle. Mais comprendre pourquoi ils se séparent, c’est encore moins drôle.

Mes parents se sont séparés car mon père avait une maîtresse. J’ai par là-même compris que cet adultère ne datait pas d’hier. Cela faisait bien cinq ans qu’il entretenait une relation. Les nouvels ans sans lui où il nous disait qu’il était de garde ? Que dalle ! Il les passait tout simplement avec sa maîtresse. Les coups de fil passés depuis son bureau dès que ma mère partait faire des courses ? C’était pour chuchoter des billets doux à sa maîtresse. Alors, à l’époque, j’étais un peu complice. Je savais qu’il lui téléphonait. Il m’arrivait même parfois de l’avoir au téléphone quand elle se permettait d’appeler et je savais que c’était elle. Mais j’aimais mon père et j’acceptais de le couvrir en feignant l’ignorance.

Peut-être aurais-je du me l’ouvrir ? Car deux mois après la séparation de mes parents, quand sa régulière est venue s’installer chez nous, j’ai commencé à comprendre. Et deux ans après, quand je me suis fait sortir de chez moi, il était trop tard pour comprendre.

Oui, je me suis fait expulser de chez moi. Ça a commencé par les photos de famille sur lesquelles je figurais qui ont été enlevées, puis par les engueulades avec mon père, puis par l’isolement.

A 16 ans, ma nouvelle belle-mère m’a avoué que mon père avait un cancer. S’il était en rémission, celui-ci pourrait revenir à n’importe quel moment, surtout en situation de stress. Alors elle m’a demandé, pour lui et pour elle, de m’en aller dès que j’aurais atteint ma majorité. M’en aller juste quelques années pour les laisser tranquille, les laisser se reposer. Quelle cruauté… Le pire dans toute cette histoire, c’est que je suis persuadé aujourd’hui qu’ils ont tout oublié. Qu’ils ne se souviennent plus de cette discussion, de ces coups de pression, de cette haine qui s’était accumulée autour de ma personne.

Quant à moi, je n’oublierai jamais. Le jour où je suis partie de chez moi, ma vie a changé. Je suis devenu orphelin.


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2 réponses

14 11 2008
Méritocratie, quand tu nous tiens… « Au Hazzar

[...] Méritocratie, quand tu nous tiens… 14 11 2008 On continue. Cet article fait suite à celui intitulé “Adultère, divorce et conséquence”. [...]

14 11 2008
Sacriledge

C’est poignant, poignant de faits réels quand il en arrive malheureusement trop souvent, poignant de tristesse et d’incompréhension. Il ne faut pas que tu t’en veuilles à TOI, la haine est légitime, l’adultère ne l’est pas forcément. Tu n’as rien à te reprocher et ta vie ne doit pas se bâtir sur de la fausse culpabilité.

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