Qui a dit qu’un blog devait forcément servir à quelque chose ou avoir une ligne directrice ? Celui-ci, en tout cas, n’en aura pas. Il a été créé afin que je puisse y écrire au hasard de mes pensées. Carpe Diem comme dirait l’autre.
Au hazzar …
13 11 2008Commentaires : Laisser un commentaire »
Mots-clefs : carpe, diem, hasard, réflexion
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Les grasses matinées
14 11 2008
J’aime assez le concept de grasses matinées. Me réveiller, un peu tard mais pas trop, mettre un pied en dehors du lit puis finalement y retourner, puis me lever, baîller, m’étirer, me traîner jusqu’au canapé du salon et comater…
Une fois les dernières bribes de rêve chassées, je me prépare un plateau garni d’oeufs brouillés, de jus d’orange, de bacon et de fruits, puis, tandis que le café se prépare, j’ouvre les fenêtres et aère l’appart’ et le lit, me débarbouille puis reviens dans la cuisine. Le plateau est sur la table du salon, la télévision allumée sur les nouvelles du jour ou sur une série légère, le café fumant… les festivités peuvent commencer…
Ah oui, j’aime assez le concept de grasses matinées où je fais ce qu’il me plaît, quand il me plaît. Et ce matin, tandis que des millions de personnes sont parties travailler, je savoure mes oeufs brouillés…
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Mots-clefs : grasse matinée, oeufs, traîner, tranquille
Catégories : On my own
Méritocratie, quand tu nous tiens…
14 11 2008
On continue. Cet article fait suite à celui intitulé “Adultère, divorce et conséquence”.
Et il va concerner la conception que mes parents se faisaient de la vie. Mais pour expliquer le pourquoi du comment, je vais remonter d’une trentaine d’années dans le temps.
Mon père a grandi dans l’Est de la France. De parents professeurs, il décide de faire médecine. Mais pour ses études, il ne peut que compter sur lui. Ses parents, déçus d’avoir financé les études avortées de leur fille, décident de n’accorder que très peu d’argent aux études du petit dernier. Mon père se tourne alors vers l’armée pour qu’elle lui finance ses prochaines années d’études en médecine. Il passe le concours pour intégrer à l’ESSA et le réussit. Ce premier événement illustre l’idée que mon père se fait de la vie. “Quand on veut, on peut”. Parti de pas grand chose, il s’est très vite adapté à la compétition et a finalement grimpé les échelons pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Un médecin qui n’aura de cesse que de réussir toujours mieux que les autres.
Quand il a rencontré ma mère, je pense que tous deux partageaient la même idée du monde qui les entourait : un monde dans lequel il faut se battre pour survivre, un monde cruel où seul le mérite paye. Et c’est dans cette idée du monde qu’ils m’ont élevé.
Jeune, j’ai été élevé à écraser les autres. En classe, je devais être le premier. En sport également. En musique, la même chanson. Mes parents m’inscrivaient à tous les concours qui pouvaient exister. Je m’entourais des meilleurs profs, des meilleurs bouquins, des meilleurs amis… bref, mes parents me comblaient d’attentions intellectuellement correctes afin que je devienne ce qu’ils désiraient par-dessus tout : THE best. Je n’avais que très peu de moments de répis. Ils me faisaient réviser sans concession les moindres lignes de mes cours d’histoire afin que je puisse les recracher intégralement, quitte à ce que je n’y comprenne rien. Pendant les vacances, mes valises étaient pleines de livres de révision pour me préparer à l’année qui allait suivre ainsi que de folios de poche dont j’avais l’obligation de rédiger une fiche de lecture. A 10 ans, j’avais déjà lu “Le Monde de Sophie”, à 12 ans, je remportais un prix national de piano, mais à 13 ans, je pratiquais en compétition l’équitation et le tennis. Mais à 14 ans, rare étaient les fois où j’avais la permission de sortir…
Lorsque les choses ont commencé à se gâter entre mes parents, les choses commencèrent également à se gâter scolairement pour moi. Mes notes baissèrent, je quittais mon trône de premier de la classe. Je réussis tout de même à décrocher mon brevet avec une note de 39 sur 40 et à intégrer l’un des plus grands lycées parisien. Ce jour-là d’ailleurs, ce jour où nous reçumes le courrier qui me confirmait mon entrée à Louis-Le-Grand, la joie de mon père ne fut que de courte durée. Moi qui avait trimé pendant quatre années pour faire un sans-faute et intégrer ce lycée, je n’eus le droit qu’à un “C’est maintenant que les choses vont se compliquer” en guise de félicitations.
Je ne peux pas en vouloir à mes parents de m’avoir préparé à “un bel avenir”. Mais ce qu’ils n’ont jamais compris, c’est que toutes ses années, j’ai vécu dans l’angoisse de perdre leur amour si j’échouais scolairement. Qu’arriverait-il le jour où je ne serai plus à la hauteur de leurs attentes ? Comment réagiraient-ils si je leur disais que je n’aspirais pas au même avenir que le leur ? Déçus, ils l’auraient été… mais à quel point ?
J’ai malheureusement eu les réponses à ces questions quelques années plus tard lorsque je me suis retrouvée à la porte de chez moi. Mais cet épisode sera l’objet d’un prochain article.
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Mots-clefs : angoisse, élite, études, méritocratie, papa, pression, prestige
Catégories : On my own
The visitor
13 11 2008
Synopsis
C’est l’histoire d’un monsieur tout le monde. Arrivé à la cinquantaine, il s’ennuie. Veuf, il s’accroche au souvenir de sa femme en se mettant au piano… sans grand succès. Professeur, son travail l’ennuie aussi mais il ne sait faire que ça.
Et puis un jour, alors qu’il est envoyé à New York pour présenter un mémoire qu’il n’a même pas écrit, il tombe sur un couple d’immigrés, lui syrien, elle sénégalaise, qui sous-louaient son appartement depuis deux mois en ignorant que celui-ci était habité. Contre toute attente, le vieux professeur accepte d’héberger le couple. S’ensuit alors une formidable histoire d’amitié.
Mon avis, ça n’engage que moi
Je ne suis ni critique, ni expert, mais ce film, par sa simplicité et son réalisme m’a beaucoup touché. Les acteurs sont formidables et attachants. Si l’histoire tourne autour de la vie fanée d’un professeur dont le quotidien se trouve bouleversé par une visite, le film quant à lui aborde des sujets assez graves comme ceux des sans-papiers, du racisme, de la discrimination. Le film est d’autant plus efficace qu’il fait référence au contexte actuel d’expulsions massives. Au travers des yeux d’un monsieur tout le monde, il nous plonge dans la situation de peur et d’incertitude dans laquelle vivent des milliers d’immigrants clandestins. A voir et à conseiller.
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Catégories : Grand écran
Personne de couleur
13 11 2008
Le 4 novembre dernier, les Etats-Unis ont élu Barack Obama. Mais plus que ca, les américains ont élu un président afro-américain, un président noir. Extraordinaire.
J’ai veillé ce soir-là jusqu’à 6 heures du matin pour assister à l’événement. Il faut dire qu’il y a un mois encore, je n’y croyais absolument pas. Je m’entends encore affirmer il y a quelques années en regardant un épisode de 24 heures chrono que ce n’était pas demain que nous verrions un Palmer à la tête des Etats-Unis.
Et quelque part, j’ai un peu honte de m’être fait cette réflexion. Honte parce que comme la majorité des personnes, j’ai pris comme acquis le fait que la couleur de peau puisse être une barrière à l’accomplissement de certains actes.
Quelques jours après, je me suis d’ailleurs demandé ce que pouvait signifier l’expression “personne de couleur” ? Pourquoi une personne de type africain, asiatique ou indien serait-il plus de couleur qu’un caucasien ?
Je vous le dis, le monde dans lequel nous vivons est vraisemblablement traumatisé par son histoire. Le monde n’est pas xénophobe, il n’est pas raciste ou machiste. Notre façon de penser est tout simplement orienté par des années de conditionnement. Pourquoi élevons-nous Christophe Colomb au rang de héros alors que celui-ci a massacré des milliers d’Indiens pour récolter gloire et richesse ? L’exemple de Christophe Colomb n’est qu’une illustration parmi d’autres mais tout ça pour dire que de tout temps, les livres d’Histoire nous apprennent une histoire orientée, convenablement correcte, acceptable aux yeux des pays “évolués”.
Rien que d’y penser, cela m’angoisse un peu mais il semblerait que nous n’y puissions pas grand chose. Pas grand chose si ce n’est faire de la politique soi-même et essayer de changer l’état des choses. Je refuse le principe de conditionnement. Je refuse l’acceptation des faits comme si rien ne pouvait évoluer. Ascenceur social en panne, fils d’ouvrier, tu seras ouvrier toi-même, né dans les banlieues, tu finiras en prison… Autant de choses qui m’ont poussé à m’engager et à faire de la politique car je pense qu’individuellement, nous ne pouvons rien. Je suis persuadé que c’est dans l’engagement collectif que se trouve la meilleure façon de renverser l’ordre établi.
Alors l’élection d’Obama… oui, je pense que c’est un événement extraordinaire. Non pas parce que le monde va changer du jour au lendemain, non pas parce que les millions d’américains qui ont vécu dans la misère et le désespoir ces dernières années vont soudainement gagner devenir riche. Mais parce que l’élection d’Obama démontre que la puissance collective, qu’elle se fasse par le biais d’élection ou par le biais de manifestation, peut à terme, changer résolument les choses.
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Mots-clefs : élections, conditionnement, couleur, Obama
Catégories : Réflexions politiques
Adultère, divorce et conséquence
13 11 2008On ne choisit pas sa famille. C’est ce que je me dis.
Je ne dois pas être le seul dans cette situation mais en ce qui me concerne, cela fait bien longtemps que je considère que j’ai une famille de merde.
Si on pouvait penser il y a quelques années que cette réflexion était le fruit d’une pensée adolescente agitée et rebelle, cet argument ne marche plus aujourd’hui.
Ma famille ne vit pas dans le besoin mais comme beaucoup d’autres familles, elle est tout simplement déchirée et m’a déchiré par là-même.
Mes parents ont feinté de s’aimer jusqu’à mes 14 ans. Puis, en un été, tout a éclaté. Les plus vils rancoeurs de chacun sont ressortis et, sans crier gare, ils se sont séparés. Pour un jeune de 14 ans, voir ses parents se séparer, c’est déjà pas drôle. Mais comprendre pourquoi ils se séparent, c’est encore moins drôle.
Mes parents se sont séparés car mon père avait une maîtresse. J’ai par là-même compris que cet adultère ne datait pas d’hier. Cela faisait bien cinq ans qu’il entretenait une relation. Les nouvels ans sans lui où il nous disait qu’il était de garde ? Que dalle ! Il les passait tout simplement avec sa maîtresse. Les coups de fil passés depuis son bureau dès que ma mère partait faire des courses ? C’était pour chuchoter des billets doux à sa maîtresse. Alors, à l’époque, j’étais un peu complice. Je savais qu’il lui téléphonait. Il m’arrivait même parfois de l’avoir au téléphone quand elle se permettait d’appeler et je savais que c’était elle. Mais j’aimais mon père et j’acceptais de le couvrir en feignant l’ignorance.
Peut-être aurais-je du me l’ouvrir ? Car deux mois après la séparation de mes parents, quand sa régulière est venue s’installer chez nous, j’ai commencé à comprendre. Et deux ans après, quand je me suis fait sortir de chez moi, il était trop tard pour comprendre.
Oui, je me suis fait expulser de chez moi. Ça a commencé par les photos de famille sur lesquelles je figurais qui ont été enlevées, puis par les engueulades avec mon père, puis par l’isolement.
A 16 ans, ma nouvelle belle-mère m’a avoué que mon père avait un cancer. S’il était en rémission, celui-ci pourrait revenir à n’importe quel moment, surtout en situation de stress. Alors elle m’a demandé, pour lui et pour elle, de m’en aller dès que j’aurais atteint ma majorité. M’en aller juste quelques années pour les laisser tranquille, les laisser se reposer. Quelle cruauté… Le pire dans toute cette histoire, c’est que je suis persuadé aujourd’hui qu’ils ont tout oublié. Qu’ils ne se souviennent plus de cette discussion, de ces coups de pression, de cette haine qui s’était accumulée autour de ma personne.
Quant à moi, je n’oublierai jamais. Le jour où je suis partie de chez moi, ma vie a changé. Je suis devenu orphelin.
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Mots-clefs : adultère, divorce, haine, orphelin, vie
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